Mes tissages

Ce soir, mon coeur se laisse encore toucher par un jeune homme qui me parle de son pays, de son ethnie de nomades qui se font massacrer où qu’ils aillent et de ses multiples demandes d’asile, en France, en Allemagne, en Hollande, rejetées, évidemment.
Cherchant à dissimuler et retenir ses larmes quand il me parle des membres de sa famille qu’il n’a pas vus depuis longtemps, il termine chaque phrase avec un sourire en me disant, pour me convaincre ou pour se convaincre lui-même, que ce n’est pas grave, que c’est la vie et qu’il va de l’avant.
Il n’a pas vingt ans, il en paraît à peine 18 et me rappelle tellement chacun de ces « petits frères » qui sont passés ici depuis maintenant plus d’un an et demi.

Dépité par quelques expériences malheureuses de relais ratés, j’avais presque envie d’interrompre l’hébergement. Et voilà que je me plonge à nouveau au coeur de ce que la rencontre humaine a de plus simple et de plus naturel, celle qui me fait tant aimer la culture plurielle, la diversité, le tissage de liens.

Je suis ce soir d’humeur métissée…