E N F I N !

Nahom fait partie de la vingtaine d’exilés que nous étions allé chercher au parc pour inaugurer l’hébergement du groupe Wapi/Tournaisis – Hébergement Plateforme citoyenne, il y a plus d’un an. Avec trois autres Erythréens, il avait logé chez moi durant quelques jours.

Puis il est revenu, plusieurs fois. Je l’ai aussi parfois retrouvé à Bxl, chez l’une ou l’autre hébergeuse. Puis je l’ai amené au Sisa (Service d’informations sociales et administratives), chez Samir pour lequel il n’y avait pas d’entrave à une demande d’asile. Le lendemain, Nahom partait vers un autre pays européen, au nord du nord.

Dans ce pays qui ne voulait pas de lui, seul ou presque, il se languissait de la Belgique, et de vnous, de vnotre manière de les considérer, lui et ses amis.

Après cinq mois, il est revenu, éjecté. Je l’ai retrouvé par hasard au Parc Maximilien un mercredi pm, en allant chercher d’autres exilés que j’emmenais au Sisa. Grande embrassade, sourires radieux ! Il est venu avec moi, à nouveau, voir Samir, qui découvrit en parlant avec lui d’autres arguments encore en faveur d’une demande d’asile. Nahom revint avec moi à Tournai, me demandant un délai de réflexion, et donc de logement, d’une semaine. Of course, no problem.

Après trois jours, il décida que sa vie n’était pas ici, but in UK, you know… Try multiples, arrestations, centre fermé, on connait malheureusement cette terrible rengaine.

Puis, il y a une semaine, Nahom m’a écrit : « If you can help me, I think I made a choice ». Retour chez Samir, une troisième fois (merci Coralie de l’avoir accompagné). Et puis, ce matin, 06:00 : Office des Etrangers. Enfin. Entretemps, il a fallu beaucoup beaucoup le rassurer.

Nahom a reçu une place ici, à Tournai, dans le centre pour demandeurs d’asile de la Croix-Rouge. Je ne saurai jamais si le courrier manuscrit que j’ai adressé au fonctionnaire de l’Office des Etrangers y est pour quelque chose dans la rencontre de ce souhait de localisation… (si, maintenant je sais, oui, c’est bien le courrier manuscrit en flamand et en français).

Ce que je sais, c’est que je me mets en route, là maintenant, pour aller accueillir Nahom à la gare (de Tournai ! 🙂 ) et que je suis triplement heureuse pour lui : parce qu’il va pouvoir enfin se reposer, parce que nous nous verrons plus souvent, et parce que je peux enfin écrire son prénom.