« We were hidden in coffee, we brought some so we can make coffee for you tomorrow… like we would do for our mother! ».

Je leur offrirai volontiers ce café ! — Fast backward: c’est il y a environ un mois, alors qu’ils revenaient de ‘try chance’ et retiraient leur pantalon devant elle tout en gardant leur legging que Coralie ébahie vit dégringoler sur le sol de sa cuisine tournaisienne quelques poignées de grains de café vert : « We were hidden in coffee, we brought some so we can make coffee for you tomorrow… like we would do for our mother! ».

Ce merveilleux post de Coralie était accompagné de deux clips où l’on découvrait l’un de ses invités en train de torréfier à la poêle le fruit occasionnel de ce glanage matutinal avant de le pulvériser à même le sol dans un mortier improvisé.

En montrant hier soir ces clips vidéo à mes habitués également originaires d’Addis Abeba, ils m’apprirent l’importance sociale que revêtait dans la culture éthiopienne la cérémonie de préparation du café. Or si je n’ai jamais mis les pieds en Afrique, comme vous tous je saisis chaque occasion qu’il m’est donnée — via l’hébergement — d’en apprendre un peu plus sur cette terra incognita, et donc ni une ni deux, curiosité piquée au vif, je balançai en vitesse l’email suivant : « Bonsoir Corica, j’aimerais savoir s’il y a moyen d’acheter dans votre établissement des grains de café non torréfiés et le cas échéant, si vous en auriez d’origine éthiopienne car j’héberge des réfugiés du parc Maximilien qui souhaiteraient faire eux-mêmes la cérémonie de préparation du café. Je vous remercie d’avance pour votre réponse… ».

Bingo !

En arrivant ce midi au Garage-à-Manger où m’attendaient les épatantes cartes de vœux d’Elise, je reçus la réponse suivante : « Cher Monsieur, nous proposons bien du café vert dans notre boutique du centre-ville. Nous avons des cafés éthiopiens tout au long de l’année, un Harar et un Sidamo. Pour le moment il me reste encore un peu de Yirgacheffe. Parlez-en avec vos amis, cela devrait leur parler 😉 Bien à vous, Marie-Emérence »… une réponse qui fut suivie de peu par celle de sa collègue Marie-Hélène : «… et j’ajoute que je leur offrirai volontiers ce café !!! Belle idée de votre part ! » 😯

Pif-paf-pouf : vingt minutes plus tard, toutes deux acceptaient de poser devant les quatre généreux kilos de Yirgacheffe qu’elles venaient de m’offrir tout en insistant pour que je vous dise combien elles nvous admirent pour tout ce que vous faites.

Avant de les quitter pour rejoindre le rassemblement Justice4Mawda, les deux Marie n’ont pas manqué de me régaler d’une tasse d’un délicieux moka guatémaltèque, ☕️ qui me fut servie au comptoir par A***, un jeune réfugié afghan en attente d’une décision Fedasil — oh mais quel plaisir de vivre dans un pays, dans une ville où nous découvrons quotidiennement, pratiquement à chaque coin de rue, cette joyeuse solidarité en marche !

Merci Marie-Emérence, merci Marie-Hélène… et merci à vnous aussi de donner ou redonner par vos actes à la fois un sens et une existence tangible à ce mot qui, depuis l’époque des scouts, avait perdu tout crédit : solidarité 🤞