Connaissez vous H (de son prénom européen), jeune femme érythréenne? J’avais envie de dire un mot d’elle.

Comme très régulièrement, H me contacte. Pas pour elle. Jamais d’ailleurs, sauf en cas de gros pépin. Non, H, c’est un peu l’Adriana et les « petits papiers du parc » d’une partie de la communauté érythréenne.

Chaque fois qu’elle est venue, elle était accompagnée d’un binôme ne parlant pas anglais. Homme, femme, erytreen ou même éthiopien. Chaque fois diffèrent. Chaque fois qu’elle me contacte, c’est pour essayer de trouver une place en famille pour ses amis. Ou parce que certains ont été enfermés en centre et qu’ils ont besoin d’aide. Ou pour faire la traduction entre ses amis enfermés et moi. Parfois aussi pour m’annoncer une bonne nouvelle, une libération, une demande d’asile d’une des personnes venues chez moi.

Je ne sais pas combien de familles H contacte pour trouver des lits pour ses amis. Elle a une patience infinie. Vendredi soir, je la remerciais encore pour ce qu’elle faisait, lui demandant si elle, elle avait un endroit pour dormir. « I don’t need, I try each day. Very difficult for me you know… ». Sa voix se brise. Ça fait plusieurs semaines qu’elle me dit la même chose et la fêlure est de plus en plus perceptible.

Ce petit bout de femme, qui se bat au quotidien pour sa survie, arrive au bout de ses propres réserves et trouve encore l’énergie d’aider les autres avec une détermination impressionnante.

Si un jour H croise votre chemin, votre voiture ou votre maison, serrez-la dans vos bras. Fort. Très fort.