Vous leur dites « I’m not a family » ?

Au vu de ce grand vide qu’avait représenté le passage en UK de tous nos habitués nous avions pensé qu’il était peut-être préférable de ne plus héberger et qu’après tout, nous avions fait notre part de travail ! Nous pensions aussi que plus jamais nous n’aurions des gars aussi sympas que les « nôtres ». Nous savourions donc mon mari et moi notre petit confort retrouvé – finis les déplacements intempestifs, possibilité de regarder le journal télévisé, d’accepter des invitations de dernière minute, de s’allonger sur une chaise longue et regarder le vent passer dans le saule pleureur. Et aussi, faire cuire du bon lard au barbecue ! Le luxe, quoi, après huit mois d’hébergements !
Ca, c’était jusqu’à notre passage à la Porte de Rosières où nous nous étions inscrits comme veilleurs de nuit ce samedi suite aux appels lancés sur la plateforme (une petite voix me disait qu’il ne fallait pas tout abandonner. Et puis, c’était sans conséquences, je n’allais quand même par rentrer avec 15 gars à la maison). Car, quand des jeunes viennent vers vous en vous disant ou en vous tendant un papier sur lequel est écrit« I’m looking for a family », que faites-vous ? Vous leur donnez l’adresse de la Ligue des familles ? Vous leur dites « I’m not a family » ? Vous vous encourez en hurlant « noooon, pas ça ! » ? A moins que d’avoir une pierre à la place du cœur, vous leur donnez votre numéro de gsm, just in case, non ? Ne vous étonnez pas alors si vous recevez dès le soir même un appel du Parc « J’ai ici des jeunes qui demandent s’ils peuvent venir dormir chez vous. Ils seraient quatre ». Et pour directement vous remettre dans le bain, dès fois que vous auriez oublié : « Mais nous n’avons pas de chauffeurs ». Nous revoilà donc à la maison avec quatre gamins qui à 23 heures engouffraient des tartines au choco pasta en nous disant que le matin ils ne boivent que du lait ! Surtout ne vous en faites pas pour nous car, forts de notre expérience, nous saurons garder nos distances, imposer nos règles de vie, rester de marbre quand ils nous téléphoneront à n’importe quelle heure pour venir chez nous ! Promis, juré ! Oh, les pauvres, ils ne savent pas dans quelle famille ils sont tombés !
PS : mais qu’est-ce qu’ils sont touchants, ceux-là… 🙂 !