Il s’est imposé insidieusement.

Il s’est imposé insidieusement.
Elle n’était pas contre. Son mari pas du tout pour, c’est peu de le dire. Ses parents, qui habitent à côté, avaient fait promettre de ne pas le faire.
Mais un vendredi soir, T m’a appelée. Il cherchait 4 lits. 4 de ses compatriotes avaient été plus rapides que lui, mes lits étaient occupés. Qu’à cela ne tienne, je promets à T de lui trouver une famille.
En boutade, je lui propose de tenter de convaincre mari et parents. T est en rade. T a un nom. T a un sourire qu’ils ne connaissent pas encore. T surtout se matérialise sous la neige ce fameux vendredi de chaos. T n’est plus une masse d’étrangers.
Mari cède et pose ses conditions ; parents acceptent aussi, les conditions climatiques ajoutées au fait que Béatrice le connaît (à savoir que Béatrice le connaît depuis moins d’une semaine et la rencontre a duré tout de suite le temps d’un trajet Parc/Auderghem mais ca les rassure…)
Et T y a passé le we. T l’a rappelée le vendredi suivant. Et celui d’après.
T sait maintenant qu’il a un foyer le we. Maintenant, le vendredi c’est elle qui appelle pour savoir à quelle heure il arrive…
Maintenant T fait la fête au chien quand il arrive.
Maintenant, elle et sa mère ont la larme à l’œil à la fin de chaque we, d’espoir et de crainte qu’il passe en 🇬🇧
Maintenant, son père revendique son statut d’hebergeur auprès de ses amis étonnés ou réprobateurs.
Maintenant T a dans son répertoire les numéros de téléphone de la moitié de leur grande famille
Maintenant T a avoué à son mari qu’ils lui avaient rendu goût à la vie.
T les a bien eus
Avec son sourire, sa gentillesse, T les a ferrés
T fait partie de leur vie
Pour toujours