En nous approchant nous découvrons que Joyce est précédée par un gros chien.

Joyce, c’est toi ?
Alors qu’il restait au Parc une cinquantaine de sourires, Clara et Simon m’ont demandé cette nuit de chauffer deux derniers invités.
Je déposai le premier à minuit et demi chez Melody à proximité du canal de Willebroek.
Le second devait être déposé à la Plaine, sur le campus de la VUB à Ixelles.
Arrivé sur ce campus faiblement éclairé, je ne suis malheureusement pas parvenu à localiser le kot de Joyce.
Et comme il n’y avait à cette heure tardive aucune âme qui vive alentours, je me suis résolu à recontacter Joyce par téléphone.
Joyce me répondit rapidement : « En fait je crois savoir où vous êtes, ne bougez pas, je vais venir à votre rencontre ».
H. et moi-même sortons alors de la voiture pour sonder l’obscurité environnante.
Après quelques minutes H. me désigne une curieuse silhouette qui s’avance lentement vers nous.
Je lance de loin : « Joyce, c’est toi ? » … auquel me répond un petit oui, comme étouffé.
En nous approchant nous découvrons que Joyce est précédée par un gros chien.
De plus près nous reconnaissons le harnais caractéristique d’un chien guide.
« Joyce, tu es malvoyante ? »
« Oui, je suis aveugle… mais je connais bien le chemin ! »
Joyce nous a guidés d’une traite jusqu’à son kot.
C’est là que j’appris qu’elle allait héberger ce soir son tout premier invité : H. du Soudan.
Joyce est une jeune étudiante en psychologie, elle est également une amie de Melody.
Comme nvous tous, Melody savait que — faute de suffisamment d’hébergeurs — les vestes blanches/les anges ne parvenaient plus à vider le parc depuis trois nuits d’affilée.
Elle a donc battu hier soir le rappel de la solidarité auprès de tou.te.s ses ami.e.s… dont Joyce qui lui a simplement répondu « c’est OK pour moi ».
Joyce, si tu prends un jour connaissance de ce témoignage, sache que si je ne t’ai pas dit un merci tout particulier de la part des vnous, ce n’est pas l’envie qui manquait, c’est juste que cette satanée gorge était tellement nouée que je ne parvenais plus à articuler le moindre son.