Et si nous n’y arrivons pas, nos enfants y parviendront!

Écrit dans le "train du matin" ... Ce matin j’ai les yeux humides... hier soir, alors que j’étais à LLN pour reprendre deux de nos fils de retour de voyage, C. (mon épouse) a dû gérer une situation bizarre... un de nos deux invités a demandé à partir, il voulait rejoindre la gare et aller vers l’Ouest, d’abord vers une ville voisine... qui sommes-nous pour le retenir? Il connaît les risques... j’avais, juste avant de me rendre au rendez-vous pour reprendre nos enfants, refusé de le conduire moi-même car oui nous leur donnons un toit et à manger, un peu d’écoute et de chaleur, quelques conseils s’ils le souhaitent, mais pas « plus ». Je sais très bien ce qu’ils ont en tête, tous les hébergeurs en sont conscients... D. est parti, je n’ai pas toujours apprécié certaines de ses attitudes mais j’ai les yeux humides... où est-il? Que va-t-il lui arriver? Évidemment je lui souhaite de réaliser son rêve mais je sais les embûches... A. est resté, il a dit a D. qu’il était fou... chacun à le choix dit-on... oui, certes… mais si l’Europe et nos pays pouvaient comprendre... aujourd’hui, je suis déchiré entre mes yeux humides et mon espoir d’un monde meilleur, plus juste, plus égal, moins absurde... Ce monde qui nous contraint à « prendre notre part », à épuiser nos émotions… mais j’ai envie d’y croire, et de participer à ce monde plus humain… oui! Et si nous n’y arrivons pas, nos enfants y parviendront! Puissent alors ces larmes ne plus être le signe d’un déchirement mais les prémices d’une véritable joie...