Ils rient car c’est visiblement l’une des premières choses que les familles d’accueil font.

Bonjour, Voici quelques mots écrits avant hier après avoir hébergé mes premiers invités. Un témoignage parmi tant d’autres. merci d’être là tous les soirs.

Un post… un de plus « Ce soir, il nous manque 100 places pour héberger des réfugiés du parc Maximilien ». Un message de la plateforme citoyenne avec un numéro de téléphone d’urgence.
Ce soir, il fait froid, mes enfants ne sont pas là. J’ai de la place chez moi.

Ceux qui me connaissent savent que je suis sensibilisé par la cause. Que je partage souvent des informations, que je tente d’en parler régulièrement dans mes émissions radio. Qu’à plusieurs reprises, je me suis dit… fais-le, vas-y. Que je me suis souvent trouvé des excuses réelles ou faciles et que je ne l’ai pas fait.
Ce soir, j’étais chez moi. Je n’avais pas d’amis à souper ni d’activités particulières. Et j’ai téléphoné.
A l’autre bout du fil, une voix posée et souriante. Celle de Yoon, bénévole. Je lui dis que j’ai trois places et que je fais les lits. Il me répond que j’ai le temps de préparer le tout, qu’ils sont un peu désespérés par le nombre de nuitées à trouver et qu’ils seront là encore durant un long moment.

J’arrive au parc Maximilien. Ils sont nombreux en effet à attendre. Je croise des visages, je leurs souris un peu. Je me demande ce qui va se passer.
Je me dirige vers une « veste blanche » de bénévole, me présente. Yoon et une jeune fille notent mon prénom, me demandent si je peux ramener mes invités demain. Je réponds que oui. Elle part les chercher.
Qui ? Qui, parmi ces inconnus arrivés chez nous ? Ils seront 3, soudanais et malien.
Présentation rapide, quelques pas vers la voiture. Le trajet est presque silencieux. Que dire ? Que poser comme question et comment éviter celles maintes fois entendues? Ne rien forcer. Laisser venir…
Arrivés chez moi, je montre la sdb et la petite chambre de mes enfants. Mon invité malien s’en va dormir discrètement. Les autres retirent leurs chaussures et me suivent au salon. On s’assied. Ils n’ont pas faim. Ne parlent pas très bien anglais. Je montre des photos de mes enfants et de ma compagne. Ils rient car c’est visiblement l’une des premières choses que les familles d’accueil font. Nous parlons un peu, de tout et de rien. La langue est une barrière dans ces cas là. Après quelques minutes, nous allons dormir. Ils me remercient, je répète « welcome ».
Là, je les entends parler dans la chambre de mes fils, rire aussi. Je souris, simplement.
Alors, pourquoi partager cette expérience sur les réseaux ? Parce qu’elle est simple. Comme la démarche de dire « j’y vais ». Comme d’accepter aussi que je ne le ferai pas tout le temps, pour plein de bonnes ou mauvaises raisons. Mais que je me laisserai à nouveau tenter un de ces jours par l’appel des bénévoles.
Ce soir, il ne s’est rien passé d’extraordinaire. Non.
Ce soir, trois personnes n’ont tout simplement pas dormi dans le froid et nous avons souri…