Alors je me rends compte que je suis très en colère.

De retour maison après opération taxi. J'ai déposé 3 jeunes Erythréens à Rixensart (merci pour eux Charlotte Rigo). Deux frères, une soeur sur les routes depuis 3 mois. Ils m'ont expliqué un parcours que je commence à connaître Érythrée, Soudan, Lybie, Méditerrannée, Italie... et c'était dangerous, difficult, no food, cold... Et arrivé à la maison, je lis le dossier de Annick Hovine et l'édito de Francis Van de Woestyne dans la Libre de ce jour. Et je me dis: "Mais bordel, expliqué comme ils le font, on se rend compte que ce n'est pas si difficile d'être accueillant, d'être sensible au désespoir de l'autre, à sa fatigue, à ses maux... C'est tellement pas compliqué que des citoyens qui ne sont ni juristes, ni politologues, ni spécialistes en gestion de situations de crise, mais qui sont simplement citoyens responsables ont réussi à créer une plateforme pour gérer l'ensemble des situations liées à l'accueil des réfugiés. Une plateforme auto gérée... et ça fonctionne!!". Alors je me rends compte que je suis très en colère. Parceque, comme le dit Fr Van de Woestyne, même si des procédures, des règles, des lois, des accords entre pays membres de l'UE existent (je ne dis rien quant à leur pertinence, autre débat), il est tout à fait possible d'accueillir ces femmes, ces bébés, ces enfants, ces hommes, avec un minimum de dignité en attendant de statuer sur leur sort. Mais non, pour des motifs bassement politiques et électoralistes, pour ne pas se montrer trop généreux devant l'électeur moyen-concon qui pourrait s'émouvoir du fait qu'il devient dangereux de faire son jogging avec tous ces réfugiés, on ferme les portes, on fait semblant, on renvoie au fédéral, qui renvoie au local. Et les hommes et les femmes politiques qui agissent ainsi ne se rendent même plus compte qu'ils se couvrent de honte et de ridicule et qu'ils écrivent une page bien sombre de l'histoire de leur pays. Car cette histoire ne retiendra pas leur nom au nombre de ceux qui ont apporté leur soutien et leur aide aux réfugiés. Par contre, je gage que le plateforme de soutien aux réfugiés entrera un jour dans les manuels de sociologie, d'anthropologie, de science-po, et que les prénoms des bénévoles de la plateforme ne seront pas oubliés de si tôt. Et cela Monsieur Francken, vous qui aimez tellement parler de l'appel d'air, je trouve que ça n'en manque pas, d'air, mais que vous avez, quant à vous, juste l'air d'un con!