​Nous voulons être des colibris et apporter notre petite goutte d’eau. 

Nous voulons être des colibris et apporter notre petite goutte d’eau. C’est ainsi que nous avons proposé à nos enfants de 6 et 8 ans de nous engager dans cette chaine de solidarité. Hier soir, après 15 jours d’hébergements, nous avons fait une petite réunion au sommet en famille, pendant le bain, moment toujours propice aux grandes discussions 🙂 Est-ce qu’ils sont toujours contents d’accueillir des invités, qu’est-ce qui est bien, qu’est ce qui n’est pas bien…Avec nos yeux d’adultes, nous retenons les cernes, les sourires fatigués, les tous petits sac à dos, les espoirs fragiles, les nuits de 14h, mon cœur de maman qui se tord quand je vois des visages presque prépubères enfouis dans leur capuche pour se protéger du froid au parc, l’appel téléphonique du 15-Oct (qui s’est heureusement bien terminé) : ‘mama, mama, Police! Police!’ les cris et les bruits de course me transportant dans une autre époque, mais aussi les rires pendant le récit du périple de notre invité d’Erythrée à Bxl, nous racontant avec humour ses ‘péripéties’, mime à l’appui, les retrouvailles au parc comme si on était de vieux copains, alors qu’on s’est vu deux fois, les échanges et les discussions autour d’une bière ou d’un café, mais surtout le sentiment de faire ce qui est juste.

Avec leurs yeux d’enfants, ils ont retenu les parties de baby-foot et les batailles de Guili-guili, que tout le monde n’avait pas de papier et que c’est embêtant de ne pas avoir de papier, qu’en fait c’est facile de communiquer même si on ne parle pas la même langue (le grand en pantomime et le petit en français en prenant l’accent anglais :), que nos invités ne sont pas très doués pour jouer à la console mais que c’est toujours une bonne occasion pour essayer de jouer une demi-heure en plus. 

Notre 6 ans, très indépendant et casanier nous a fait comprendre qu’il voulait parfois être seul (sans invité) le WE pour pouvoir jouer comme il veut, nous allons donc éviter de prendre des invités en journée le samedi afin de respecter son espace.

Je suis fière d’eux. En fait pour eux c’est absolument normal de fournir un lit à quelqu’un qui n’en a pas. Et ils ont raison.

Depuis 16 jours seulement, nous sommes une famille colibri et j’espère que ce petit témoignage encouragera d’autres familles à sauter le pas et à devenir colibri elles-aussi…