Ce soir, à leur demande, je prie pour elles.

Hier soir, je me rends au parc pour enfin concrétiser mon "envie" d'héberger. J'étais allé faire chauffeur 10 jours plus tôt et ce premier contact avec le parc avait été comme un électrochoc. Puis je suis parti à l'étranger où mon impuissance n'était que plus grande. Hier donc, j'avais pris bien soin de tout bien préparer (y compris ma compagne et mes enfants) pour l'arrivée de deux hommes à la maison. Après un petit temps d'attente, le temps de mettre en place le nouveau système, de s'y retrouver, de choper les bonnes personnes (bénévoles comme migrants), j'entends Adriana dire à quelqu'un "non, une femme ce n'est pas possible, il y en a trois, et elles voudraient rester ensemble", ni une ni deux, j'avais annoncé deux personnes, pourquoi pas trois au fond... Me voilà donc en chemin pour amener A. chez V. (presque sur mon chemin) et ramener R., N. et S. à la maison. Nous parlons peu en chemin, une seule parle un peu anglais. J'apprends qu'elles viennent toutes les trois d'Erythrée et qu'elles sont en Belgique depuis deux mois. 

Nous arrivons à la maison vers 23h, je leur fais visiter les lieux et avant même de leur proposer à boire ou à manger je leur donne le code du wifi, puis réchauffe le reste des pâtes de la soirée, leur fait du café et du thé. Elles grignotent en communiquant avec leur famille, et font un bel accueil à mon amoureuse qui vient les saluer en pyjama à moitié endormie.

Finalement, les voyant enthousiastes et en pleine communication avec leurs familles, je monte également me coucher.

Ce matin, la première question de mes enfants a été "papa, est-ce qu'on va voir nos invités ?". Je leur réponds que oui, que ce matin elles dorment, mais qu'ils les verront à leur retour de l'école. Je ressens leur impatience et leur curiosité bienveillante.

À midi retour de l'école, toujours pas de bruit dans les chambres. Elles dorment toujours 🙂 Les enfants me demandent innocemment si ils peuvent aller les réveiller !!

Finalement la rencontre n'aura lieu que vers 15h et sera donc de courte durée, vu que nous avions convenu d'un retour au parc dans l'après-midi. Je leur propose de manger avant d'y retourner, et je leur dis en m'excusant que malheureusement ce soir je ne peux pas les héberger, mais qu'elles peuvent revenir demain si elles le désirent. Et c'est là qu'elles me répondent que ce soir elles "tentent leur chance". Je sais instantanément de quoi elle parle.

La rencontre n'aura été que de courte durée, nous n'aurons pas tellement échangé, mis à part beaucoup de sourires et de chaleur humaine. Mais ce soir, à leur demande, je prie pour elles.